Comment les baladeurs audio avec fonction enregistreur ont popularisé les bootlegs amateurs et la culture cassette dans les années 80

Qu'est-ce qu'un bootleg ?


Les Bootlegs (qui signifie “de contrebande” en français), sont à l’origine des enregistrements pirate récupérés en studio ou directement depuis les tables de mixage des concerts, et étaient ensuite, grâce à des circuits illégaux très organisés, pressés sur vinyl.


L’un des exemples les plus célèbres est le Black Album de Prince qui a été retiré de la vente peu avant sa date de sortie officielle en décembre 1987 et qui est devenu un disque pirate très populaire.


Sur un autre support, les baladeurs audio avec fonction d’enregistrement ont permis la multiplication des enregistrements clandestins sur cassette audio. On parle toujours de Bootleg, il ne s’agit pas d’un disque à proprement parler mais d'un enregistrement sur cassette réalisé par un participant au concert à l’aide de son lecteur cassette portable.


Dans les années 1980, les cassettes audio et vidéo ont été de plus en plus utilisées pour la diffusion de copies pirates, car le coût réduit des appareils de doublage privés facilitait considérablement la réalisation de nombreuses copies. Les cassettes étaient également plus petites, elles étaient plus faciles à expédier et pouvaient être vendues ou échangées à un prix inférieur à celui du vinyle.

Les années 80 et l'influence des lecteur cassettes


Pendant un certain temps, des stands installés lors de grands festivals musicaux vendaient en masse des copies pirates d'enregistrements de groupes qui, dans de nombreux cas, n'avaient joué que quelques heures auparavant. Ces activités illégales étaient rapidement réprimées et l'échange et la distribution des cassettes audio d’enregistrements pirates se faisaient dans des communautés de passionnés et de collectionneurs.


Comme Clinton Heylin explique dans son livre “The Great White Wonders – A History of Rock Bootlegs.” (Penguin Books. ISBN 0-670-85777-7) de 1994, La “culture cassette” et le commerce des cassettes, alimentés par l'éthique DIY de la sous-culture punk, étaient basés sur un système d'honneur dans lequel les personnes qui recevaient des cassettes en faisaient plusieurs copies pour les donner à d'autres personnes de la communauté, souvent gratuitement.


De nos jours, on trouve encore des cassettes bootlegs à acheter sur les marchés d’occasion, dont certaines, selon la rareté du produit et la célébrité de l’artiste s’échangent à prix d’or. La cassette et le lecteur cassette portable avec fonction enregistreur à donc grandement favorisé la copie privée. Celle-ci étant à l’époque considérée comme une véritable menace au sein de l'industrie du disque. Mais il est également important de souligner les riches échanges qui ont également été rendus possibles au travers d’innombrables compilations et découvertes entre passionnés.